Réforme 2026 : l'épargne retraite obligatoire des fonctionnaires
Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle réglementation bouleverse le paysage de la retraite dans la fonction publique française. Le gouvernement a officialisé en décembre 2025, via le décret n°2025-1847 publié au Journal officiel, la création d'un dispositif d'épargne retraite obligatoire complémentaire pour l'ensemble des agents de la fonction publique d'État, territoriale et hospitalière. Une mesure attendue depuis plusieurs années et qui concerne près de 5,7 millions de fonctionnaires.
Le PERO-FP : un nouveau produit dédié aux agents publics
Ce nouveau dispositif, baptisé PERO-FP (Plan d'Épargne Retraite Obligatoire – Fonction Publique), s'inspire du PER individuel introduit par la loi PACTE de 2019, mais avec des spécificités adaptées au statut de fonctionnaire. Concrètement, les cotisations sont désormais partagées entre l'employeur public et l'agent, selon une clé de répartition fixée comme suit :
- Part salariale : 2,5 % du traitement indiciaire brut, prélevée automatiquement sur la fiche de paie dès janvier 2026.
- Part patronale : 3,5 % du traitement indiciaire brut, abondée par l'État, la collectivité ou l'établissement hospitalier employeur.
Le taux global de cotisation atteint donc 6 % du traitement indiciaire, avec un plancher mensuel de cotisation fixé à 35 euros et un plafond annuel aligné sur le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit 46 368 euros en 2026, selon les données de l'Urssaf.
Qui est concerné et à partir de quand ?
Le dispositif s'applique obligatoirement à tout agent titulaire en activité, quelle que soit sa catégorie (A, B ou C). Les agents contractuels de droit public bénéficiant d'un contrat d'une durée supérieure à six mois sont également intégrés au régime. En revanche, les agents en disponibilité ou en détachement à l'étranger font l'objet d'un régime transitoire jusqu'au 1er juillet 2026, date à laquelle leur affiliation deviendra automatique.
Selon les informations publiées sur service-public.fr, les agents disposent d'une fenêtre de trois mois à compter de leur date d'affiliation pour choisir leur gestionnaire parmi une liste de prestataires agréés par l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). À défaut de choix, un gestionnaire par défaut, désigné par arrêté ministériel, est automatiquement attribué.
Des avantages fiscaux significatifs
L'un des attraits majeurs du PERO-FP réside dans son traitement fiscal avantageux, aligné sur celui du PER de droit commun. Les versements volontaires supplémentaires effectués par l'agent sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, plafonnés à 35 194 euros pour 2026, conformément aux barèmes communiqués par economie.gouv.fr.
À la sortie, au moment de la liquidation de la retraite, le capital accumulé pourra être perçu sous forme de rente viagère ou de capital (ou une combinaison des deux), une flexibilité jusqu'ici absente des dispositifs existants pour les fonctionnaires.
Réactions et perspectives
Si les syndicats de la fonction publique accueillent favorablement le principe d'un abondement patronal inédit, certains, comme la CGT Fonctionnaires, alertent sur le risque d'une individualisation croissante de la retraite au détriment du système par répartition. De son côté, le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques assure que ce dispositif est complémentaire et ne remet pas en cause le régime de retraite de base des fonctionnaires géré par le Service des Retraites de l'État (SRE).
Pour les agents souhaitant en savoir plus sur leurs droits et les modalités d'adhésion, le portail service-public.fr a mis en ligne une rubrique dédiée au PERO-FP, avec un simulateur permettant d'estimer le capital constitué à l'horizon de la retraite. Une réforme structurante qui impose à chaque fonctionnaire de s'informer dès maintenant pour optimiser sa future pension.