Retraite progressive 2026 : travaillez moins, cotisez plus

Retraite progressive 2026 : travaillez moins, cotisez plus

Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif de retraite progressive connaît une refonte significative grâce au décret n°2025-1847 publié au Journal officiel en décembre 2025. Cette mesure, portée par le gouvernement dans le cadre du plan « Bien vieillir au travail », élargit considérablement l'accès à ce mécanisme et le rend plus avantageux financièrement. Bonne nouvelle pour les actifs approchant de la fin de carrière : il est désormais possible de réduire son temps de travail tout en continuant à constituer des droits à la retraite comme si l'on travaillait à temps plein.

Qu'est-ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive permet à un salarié ou à un travailleur indépendant de percevoir une fraction de sa pension de retraite tout en continuant à exercer une activité à temps partiel. Il ne s'agit pas d'une retraite définitive : la pension versée est provisoire et sera recalculée lors du départ en retraite totale, tenant compte des cotisations supplémentaires accumulées pendant la période de temps partiel.

Les nouveautés 2026 à connaître

Le décret de décembre 2025 introduit trois changements majeurs :

  • Abaissement de l'âge d'accès à 60 ans (contre 62 ans auparavant), à condition de justifier d'au moins 150 trimestres validés. Cette mesure concerne notamment les carrières longues.
  • Assouplissement du taux d'activité : la quotité de travail autorisée passe désormais d'une fourchette de 40 % à 80 % à une fourchette de 20 % à 80 % du temps plein, offrant plus de souplesse aux salariés souhaitant une transition très progressive.
  • Cotisation sur la base du temps plein rendue automatique : depuis 2026, l'employeur et le salarié cotisent obligatoirement sur un salaire reconstitué à temps plein, sauf accord contraire du salarié. Auparavant, cette option était facultative et peu utilisée.

Comment fonctionne le calcul de la fraction de pension ?

La fraction de pension versée dépend directement de la quotité de travail choisie. Selon la formule en vigueur sur service-public.fr, si vous travaillez à 60 % de votre temps plein, vous percevrez 40 % de votre pension estimée (soit 100 % − 60 %). Pour un salarié dont la retraite estimée est de 1 800 €/mois, cela représente un complément de 720 €/mois, en plus de son salaire à temps partiel.

Exemple concret : Marie, 61 ans, cadre dans le secteur privé, perçoit un salaire mensuel de 3 200 € à temps plein. Elle choisit de passer à 60 % dès mars 2026. Son salaire passe à 1 920 €, mais grâce à la cotisation sur base temps plein, ses droits continuent de progresser comme si elle gagnait 3 200 €. Elle perçoit en parallèle environ 680 € de pension partielle. Son revenu mensuel total atteint ainsi 2 600 €, soit une réduction limitée à 19 % par rapport à son salaire initial.

Conditions d'éligibilité en 2026

Pour bénéficier du dispositif, il faut remplir les critères suivants :

  • Avoir au moins 60 ans et justifier d'au moins 150 trimestres tous régimes confondus ;
  • Exercer une activité à temps partiel entre 20 % et 80 % d'un temps plein ;
  • Pour les salariés : obtenir l'accord de l'employeur pour le passage à temps partiel ;
  • Pour les indépendants (artisans, commerçants) : justifier d'une réduction effective de son activité, désormais appréciée sur la base du chiffre d'affaires déclaré.

Une démarche simplifiée grâce au portail en ligne

Depuis janvier 2026, la demande de retraite progressive s'effectue intégralement en ligne sur le portail info-retraite.fr, avec un délai de traitement réduit à 30 jours contre 90 jours auparavant. Le dossier nécessite une attestation de l'employeur confirmant le passage à temps partiel et les trois derniers bulletins de salaire. La Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) rappelle que la pension partielle est exonérée de CSG si les revenus totaux du foyer restent inférieurs au seuil de 1,4 SMIC.

Un levier anti-usure professionnelle

Au-delà de l'aspect financier, la retraite progressive répond à un enjeu de maintien dans l'emploi des seniors. Selon une étude de la DARES publiée en novembre 2025, 67 % des actifs de 58 à 63 ans déclarent ressentir une fatigue professionnelle significative. Ce dispositif leur offre une alternative concrète au départ anticipé avec décote, préservant à la fois leur santé et leur niveau de pension final. Pour anticiper votre départ, n'hésitez pas à réaliser une simulation sur info-retraite.fr ou à consulter votre relevé de carrière régulièrement mis à jour.