Réforme 2026 : le nouveau calcul du salaire de référence chômage
À compter du 1er avril 2026, le mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) utilisé pour déterminer le montant de l'allocation chômage change en profondeur. Une nouvelle convention d'assurance chômage, agréée par décret gouvernemental en janvier 2026 et publiée au Journal officiel, introduit des règles qui risquent de réduire sensiblement les indemnités perçues par de nombreux nouveaux demandeurs d'emploi.
Qu'est-ce que le salaire journalier de référence ?
Le SJR est la pierre angulaire du calcul de l'allocation de retour à l'emploi (ARE). Il correspond, dans les règles antérieures, à la moyenne des salaires bruts perçus au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les seniors de plus de 53 ans), divisée par le nombre de jours calendaires de la période de référence. C'est sur cette base que France Travail (ex-Pôle emploi) calcule ensuite un taux de remplacement compris entre 57 % et 75 % du salaire journalier brut, avec un plancher fixé à 31,59 € brut par jour (valeur 2025, revalorisée chaque 1er juillet).
Ce qui change au 1er avril 2026
La réforme introduit une modification majeure : le diviseur servant au calcul du SJR intègre désormais l'ensemble des jours de la période de référence, y compris les périodes de temps partiel subi, de congé maternité ou de maladie indemnisée, et non plus uniquement les jours effectivement travaillés ou assimilés. En pratique, cette nouvelle règle « dilue » le salaire de référence sur un plus grand nombre de jours.
Exemple concret : un salarié ayant perçu 36 000 € brut sur 12 mois travaillés, avec 4 mois d'arrêt maladie, voyait son SJR calculé sur 365 jours. Désormais, selon les nouvelles modalités, le calcul intègre l'intégralité des 548 jours de la période de 18 mois retenue, ce qui peut abaisser le SJR de 15 à 22 % selon les profils. Pour ce salarié, l'ARE mensuelle passerait ainsi d'environ 1 490 € à 1 180 € brut, soit une perte de près de 310 € par mois.
Les profils les plus touchés
Selon les projections de l'UNEDIC publiées en février 2026, trois catégories de demandeurs d'emploi seront particulièrement affectées :
- Les salariés ayant connu des arrêts maladie prolongés : leur période de référence s'étend sans que leurs revenus de substitution ne compensent pleinement la dilution du SJR.
- Les travailleurs à temps partiel subi : déjà pénalisés par des salaires inférieurs, ils voient leur taux de remplacement effectif chuter davantage.
- Les intérimaires et CDD enchaînés : les périodes creuses entre les contrats, auparavant exclues du diviseur, sont maintenant prises en compte, réduisant mécaniquement le SJR.
L'UNEDIC estime que 38 % des nouveaux entrants à l'ARE verront leur indemnité mensuelle diminuer d'au moins 100 € brut, et que l'économie générée pour le régime devrait atteindre 1,2 milliard d'euros par an d'ici 2027.
Les règles inchangées à retenir
Malgré cette réforme, plusieurs points restent stables :
- La durée minimale d'affiliation pour ouvrir des droits reste fixée à 6 mois (182 jours) sur les 24 derniers mois.
- Le plancher de l'ARE et le plafond (75 % du SJR) ne sont pas modifiés pour l'instant.
- Les droits ouverts avant le 1er avril 2026 ne sont pas recalculés : seuls les nouveaux dossiers sont concernés.
Comment anticiper et simuler ses droits ?
France Travail met à disposition un simulateur en ligne sur www.francetravail.fr, mis à jour pour intégrer les nouvelles règles dès le 15 mars 2026. Il est fortement conseillé à toute personne approchant d'une fin de contrat de réaliser une simulation personnalisée. Les informations officielles sur le calcul de l'ARE sont également disponibles sur service-public.fr (rubrique « Chômage – Allocation chômage ARE »).
Face à des indemnités potentiellement réduites, certains experts recommandent de compléter le dispositif public par une prévoyance chômage privée ou d'activer rapidement des aides complémentaires telles que la prime d'activité ou les aides au logement de la CAF, dès la reprise d'une activité à temps partiel.