Hausse de la flat tax : 30% à 33%, ce qui change en 2026

Hausse de la flat tax : 30% à 33%, ce qui change en 2026

Le projet de loi de finances pour 2026, présenté en Conseil des ministres le 24 septembre 2025, contient une mesure qui suscite une vive inquiétude parmi les épargnants français : la hausse du prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, de 30% à 33%. Si ce texte est adopté en l'état, il entrerait en vigueur dès le 1er janvier 2026 et affecterait l'ensemble des revenus du capital soumis à ce régime.

Rappel : comment fonctionne la flat tax actuelle ?

Instauré par la loi de finances pour 2018 sous le gouvernement Philippe, le PFU à 30% s'applique aux plus-values mobilières, dividendes et intérêts. Ce taux global se décompose en deux éléments : 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Selon les données publiées par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), environ 5,2 millions de foyers fiscaux sont concernés chaque année par ce prélèvement, pour un rendement fiscal estimé à 18 milliards d'euros en 2024.

Ce que prévoit le projet de hausse à 33%

La nouvelle décomposition envisagée serait la suivante : 15,8% d'impôt sur le revenu et le maintien des prélèvements sociaux à 17,2%, portant ainsi le total à 33%. Le ministère de l'Économie, dirigé par Éric Lombard, justifie cette mesure par la nécessité de dégager 3,2 milliards d'euros de recettes supplémentaires afin de contenir le déficit public, toujours supérieur à 5% du PIB en 2025. Bercy précise que cette hausse toucherait prioritairement les contribuables réalisant plus de 50 000 euros de plus-values annuelles, mais aucun mécanisme de seuil n'a été officiellement inscrit dans le texte initial.

Les placements concernés et ceux qui y échappent

Sont directement visés par cette hausse potentielle :

  • Les plus-values sur cession d'actions et d'obligations en compte-titres ordinaire ;
  • Les dividendes perçus hors enveloppes défiscalisées ;
  • Les intérêts de livrets bancaires non réglementés et produits de taux.

En revanche, les enveloppes fiscales bénéficiant d'un régime spécifique restent préservées : l'assurance-vie (après 8 ans de détention, abattement de 4 600 € ou 9 200 € pour un couple), le PEA (exonération d'IR après 5 ans, hors prélèvements sociaux) et le PEA-PME conservent leurs avantages actuels, selon les informations disponibles sur service-public.fr.

La réaction des épargnants et des professionnels

L'Association française des épargnants (AFE) a publié le 2 octobre 2025 un communiqué alertant sur le risque de désincitation à l'investissement en actions au moment où la Place de Paris cherche à attirer des capitaux privés vers le financement des entreprises françaises. De leur côté, plusieurs gérants de patrimoine indépendants signalent une accélération des demandes de conseil pour arbitrer vers des supports exonérés. « Nos clients nous interrogent massivement sur la bascule vers l'assurance-vie ou le PEA », confie un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) parisien interrogé par nos soins.

Les alternatives pour optimiser sa fiscalité

Face à cette perspective, plusieurs stratégies peuvent être envisagées dès maintenant :

  • Maximiser les versements sur le PEA (plafond : 150 000 €) avant toute modification législative ;
  • Réaliser des moins-values avant le 31 décembre 2025 pour compenser des plus-values latentes ;
  • Arbitrer vers l'assurance-vie en profitant de l'abattement annuel sur les gains après 8 ans ;
  • Opter, si la tranche marginale d'imposition le permet, pour le barème progressif de l'IR, toujours accessible sur option.

Calendrier législatif : rien n'est encore acté

Le projet de loi de finances doit encore être examiné par l'Assemblée nationale à partir du 14 octobre 2025, puis par le Sénat. Des amendements sont possibles, et plusieurs groupes parlementaires ont d'ores et déjà annoncé leur intention de s'opposer à cette hausse. Les épargnants ont donc intérêt à suivre attentivement les débats budgétaires et à ne pas précipiter leurs arbitrages avant l'adoption définitive du texte, attendue pour fin décembre 2025.

Pour connaître votre situation personnelle, consultez votre avis d'imposition sur impots.gouv.fr ou rapprochez-vous d'un conseiller fiscal agréé.